Avisciné.org :. La critique du film GOOD MORNING ENGLAND (2009) de Richard Curtis.
.: Visiteur :.
Se connecter | Devenir membre du site | S'inscrire aux newsletters | Rechercher sur le site

 ACCUEIL 
 CRITIQUES 
 ACTUALITE 
 FORUM 
 JEUX ET CONCOURS 
 ANNUAIRE 
 DOSSIERS 
 COURTS-METRAGES 

GOOD MORNING ENGLAND
The Boat That Rocked



Moyenne des avis

LES INFORMATIONS GÉNÉRALES
LONGS METRAGES CINE

Un film :
Britannique
Réalisé par :
Richard Curtis
Fait en :
2009
Type de film :
Comédie Romantique Historique
Sortie au cinéma le :
06 Mai 2009
Durée du film :
2h15mn.
Production :
Medienproduktion Prometheus Filmgesellschaft
Portobello Studios
Tightrope Pictures
Working Title Films
Distribution :
Studio Canal
SYNOPSIS
Carl vient de se faire renvoyer du lycée, et sa mère a décidé qu'il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain, Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé d'un équipage éclectique de DJ's rock and roll. À leur tête se trouve le Comte, un Américain exubérant, véritable dieu des ondes en synergie totale avec la musique. A ses côtés, ses fidèles animateurs : Dave, ironique, intelligent et d'un humour acéré ; l'adorable Simon, qui cherche l'amour ; l'énigmatique Midnight Mark, séduisant et silencieux ; Wee Small Hours Bob, le DJ des petites heures du matin, accro à la musique folk et à la drogue, Thick Kevin, qui possède l'intelligence la plus microscopique du monde ; On-the-Hour John, le chroniqueur des actualités, et Angus "The Nut" Nutsford, qui est sans doute l'homme le plus agaçant d'Angleterre... La vie en mer du Nord est riche en événements...


 CASTING    2 AFFICHES + 8 PHOTOS    VOIR LA B.A.   1 CRITIQUE   AJOUTER UN COMMENTAIRE   EVALUATIONS 

 Critique éditée le 07/09/09 à 16:29

Ahhhh, l’amour, l’amooouur, toujouuurs, l’amour qui transcende, l’amour qui transforme, l’amour qui arrive sans crier gare, l’amooouuuur… et qui finit par se carapater ! Combien de films, combien de cinéastes se sont emparés de ce thème passionnel et fédérateur pour nous faire passer ces instants de glamour, d’émotion, de recherche et peut-être, malheureusement, d’ennui profond devant le poste de télévision ou la toile de cinéma ? Assurément, Richard Curtis fait partie de ces inconditionnels de la comédie romantique, comme l’atteste son premier long métrage sorti en 2003, Love actually, où il était question, dans ce film à sketches, de l’Histoire d’Amour traitée à cinq stades différents de la vie de cinq individus. En fait, cette première expérience cinématographique en tant que réalisateur ne découvrait pas le penchant du réalisateur pour la comédie sentimentale, puisque Curtis fut à l’origine et aux commandes des scenarii de films récompensés d’un large succès publique, comme Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et Le Journal de Bridget Jones, où perçaient sous des trames sentimentales de bonne facture un humour pince sans rire et une dérision « so british ».

C’est donc le sentiment d’une sérieuse réorientation thématique du réalisateur que donne le visionnage de son deuxième et dernier film Good morning England. Alors, je ne parlerai pas pour autant d’un virage à 180°, car Good morning England reste empreint d’une légèreté dans son propos et reste, marque de fabrique du réalisateur, le mélange malin d’ingrédients choisis avec soin.

L’histoire est celle d’une bande d’allumés dans l’Angleterre de l’année 1966. Les excités en question sont « djs », fans de rock sous toutes ses formes et dynamitent de leurs extravagances et de leur franc-parler décomplexé le programme 100% rock de la radio pirate « Radio rock », émise à partir d’un rafiot écumant le large des eaux territoriales britanniques.

Il faut dire que nous sommes sous le gouvernement du premier ministre Harold Wilson et que la politique sur l’île britannique est à l'austérité, à l'image des deux pauvres heures hebdomadaires que consacre la BBC au rock'n roll alors que près de la moitié de la population en raffole. Faisant fi de cette politique quelque peu restrictive, la joyeuse tribu de perturbés du « Rock boat » passe littéralement son temps à plonger dans l'extase de la drogue et de l’alcool et émet sur onde hertzienne piratée vinyle sur vinyle de groupes de rock alors méconnus. Et tandis que le gouvernement trépigne rouge de rage, c’est avec complaisance que le groupe de pseudo matelots survoltés lâche à bonne distance ses blagues païennes et idées subversives, se passe le relais dans l'exercice du massacre du bon goût puritain et dans l’emploi de la séduction chargée. Car s'il y a quelque chose de cool, chez ces hédonistes de la bande à Quentin, le patron de la radio, c'est bien ce cortège de donzelles rendues hystériques par tant de tubes électriques et de types super craquants. Et c’est avec un plaisir sans pareil que tous les quinze jours notre fière équipée de dévergondés encaisse un abordage de suaves groupies en menue tenue pour le temps d'un week-end plus que rock'n roll.

Dans Good morning England, l'humour est bien sûr abondant. La présence au casting de pointures comme Philip Seymour Hoffman qui incarne Le Comte, « dj » brillant aux sens de la formule et de l'improvisation tout à fait impressionnants, n'y est pas pour rien. Le Dr Dave, interprété par Nick Frost, le comparse de Simon Pegg dans les comédies décalées d'Edgar Wright Schaun of the dead et Hot fuzz est pas mal non plus pour jouer de sa rondeur et en faire un atout viril et rassurant, que ce soit derrière son micro ou pendant ses ébats amoureux. Et en fin de compte, il en est de même avec tous les autres « guys » de l'équipe de Radio Rock, qui déclinent chacun à leur manière la figure du mec bancal, divisé entre son personnage futé d’agitateur radiophonique et sa nature véritable, ce qui n’est pas sans accentuer la drôlerie et le rythme du film ; à l’instar du Comte dont l’hégémonie et l’orgueil de « dj » américain vont être remis en question par l’arrivée en renfort de la star de la FM américaine Gavin. Le film va ainsi se focaliser tour à tour sur chacun des membres du bateau, se scindant en autant de sous films où chacun d’eux connaîtra son instant de gloire. A noter que la complicité des comédiens à l’écran est largement tangible, ce qui renforce la crédibilité de l’ambiance et augmente le plaisir du spectateur. Le choix que fit Curtis de mêler l’utile à l’agréable en tournant en haute mer pendant plusieurs périodes de cinq semaines sur un vrai bateau n’y est évidemment pas pour rien.

A propos du scénario, l’élément malin et primordial fut donc d’intégrer à l’intrigue une quarantaine de « tubes » anglais qui révolutionnèrent l’époque avant de rentrer dans le répertoire universel des références musicales. Les Who, les Kinks vont, que ce soit de manière intra ou extradiégétique, s’engager avec la mise en scène dans une sorte de ballet, se répondant et se relayant au profit de la lisibilité et du rythme de l’histoire. De manière à rendre cohérente la juxtaposition de la cool attitude rebelle et le requiem nostalgique de la culture populaire des sixties, Curtis a doté son récit d’une barre d’arrimage à deux axes, permettant au spectateur un abordage aisé du bateau.

Le premier est celui de l’apprentissage de la vie via l’expérimentation personnelle au détriment de l’ingestion docile de préceptes dictés par le système et les institutions. Il est cependant presque regrettable de constater que cet axe sert plus de prétexte à la liberté de ton qu'emploie le réalisateur pour développer l'animation survoltée sévissant sous le pont du bateau qu’au développement par l'exemple, des rouages de la désobéissance civile. L’abordage du rafiot de Quentin se fait par le biais de Carl, son filleul alors renvoyé du lycée, envoyé par sa mère pour méditer sur son avenir. C’est donc avec le regard de l’adolescent que le spectateur va découvrir les olibrius du navire et leur manière de voir les choses. Jeune homme inexpérimenté dans tous les domaines y compris la sexualité, Carl va ainsi joyeusement s'émanciper sous l'égide de ses nouveaux colocataires qui ne vont pas tarder à le considérer comme leur poulain. Il s'ensuit une succession de scènes où chacun des « djs » va aller de son expérience assez aléatoire pour aiguiller celle de l’adolescent, ce qui comme vous pouvez vous l'imaginez, va entraîner nombre de situations rigolotes à souhait.

Le second axe consiste en la partie de ping-pong se jouant entre l'équipe de radio Rock et le ministre de la culture du gouvernement britannique. Pour ce dernier, viscéralement traditionaliste (même s'il se revendique travailliste), la résistance qu'effectue la radio pirate est tout autant insupportable que la musique agressive qu'elle diffuse sans vergogne, reléguant le jazz au rang de musique ringarde. En effet, le rock incarne alors pour beaucoup l'évolution des mentalités et la libéralisation contagieuse des mœurs qui stigmatisent au niveau populaire la période des trente glorieuses. Pour le gouvernement, ce symbole d’une émancipation iconoclaste ne doit surtout pas enfler et la directive est claire: casser l'impertinence. Du coup, le ministre de la culture va user de perfidie et de pouvoir pour faire taire le « Rock boat », recrutant pour cela le jeune arriviste Sir Asslore, aussi expéditif que dépourvu de morale.

Calé sur ses deux rails, le film va ainsi rouler, enchaînant les péripéties générées et vécues par son petit monde et révéler sa valeur. Good morning England est un film drôle, vivant et huilé. Richard Curtis s’appuie sur un fait authentique, l’existence et la disparition des radios pirates anglaises (Radio Rock fera immanquablement penser à Radio Caroline) sous la pression des autorités britanniques pour chanter la force de l’amitié et celle d’une forme de contestation mêlée d’insouciance et d’idéal que fut pour beaucoup la résonance des années soixante et soixante-dix. Sans être ni absolument génial, ni incontournable, Good morning England est un divertissement réussi saluant du mieux qu’il peut la culture populaire. Par l’ellipse qu’il fait d’une recherche sociale convaincante, le film ne peut espérer atteindre d’autre sommet. Reste que regarder les 2h15 du dernier film de Richard Curtis file une sacrée patate et réchauffe le cœur.

 Écrite par Rosib (Membre du site)
   



Contact | Mentions légales | Bannières et signatures du site | Lire les critiques
© 2004-2010 AVISCINÉ : Un autre avis sur le cinéma
Powered by Netools.fr
- v2 -