Avisciné.org :. La critique du film LONDON RIVER (2008) de Rachid Bouchareb.
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LONDON RIVER



Moyenne des avis

LES INFORMATIONS GÉNÉRALES
LONGS METRAGES CINE

Un film :
Français
Réalisé par :
Rachid Bouchareb
Fait en :
2008
Type de film :
Dramatique
Sortie au cinéma le :
23 Septembre 2009
Durée du film :
1h28min.
Production :
Arte France
Bureau
Tessalit Productions
Distribution :
Tadrart Films
SYNOPSIS
La rencontre, à Londres, d'Ousmane et Elisabeth, un musulman et une chrétienne, tous deux à la recherche de leur enfant, qui n'a pas donné signe de vie depuis les attentats qui ont endeuillé la capitale britannique. Se connaissaient-ils ? Et font-ils partie des victimes ?


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 Critique éditée le 15/09/09 à 19:07

Il existe des films qui, sans être mauvais, ne sont pas vraiment convaincants. London River fait partie de cette catégorie grisâtre. À première vue, le spectateur n'a pourtant pas grand-chose à lui reprocher. Rachid Bouchareb offre un travail soigné à bien des niveaux. Pourtant, on se retrouve comme à la table d'un grand restaurant, devant un plat appétissant dressé suivant les règles de l'art, mais un peu honteux de trouver l'ensemble fadasse.

L'interprétation constitue le point fort du film. C'est heureux, London River faisant dans la macroscopie sur deux parents en déroute, à la recherche de leur enfant disparu. Sotigui Kouyaté joue le rôle d'un vieux garde champêtre africain, qui, bien loin de ses chers arbres, se trouve perdu dans la vaste métropole londonienne. Sa seule silhouette dégingandée de griot errant, est déjà porteuse d'émotions. Sans paroles superflues, sa présence s'impose à l'écran avec évidence, son visage vallonné de rides, ses cheveux longs, sa voix grave, son regard humain, font de lui un personnage intéressant, porteur de toute l'Histoire d'un continent. Brenda Blethym, déjà excellente dans Secrets et mensonges de Mike Leigh, fait un remarquable contrepoint. Dans le rôle du pudding anglais, elle nourrit l'écran de ses inquiétudes maternelles et de ses préjugés innocents. Pour elle aussi, la grande ville est territoire inconnu, le métissage et le brassage ethnique n'ayant guère cours sur son île égarée. Elle vacille donc face à cette diversité culturelle, cette immensité, loin de son monde simple et fermé de bonne chrétienne.

Le film de Bouchareb ne manque pas de thèmes intéressants. Les attentats meurtriers de 2005 à Londres font office de toile de fond. Un sujet permettant d'aborder l'angoisse du bon anglais face à la culture musulmane et sa communauté, bien implantée et adaptée au crachin britannique. Un léger racisme latent (la fameuse phrase d'Élisabeth : « Ça grouille de musulmans ! ») s'apparentant plutôt à de l'ignorance craintive, celle d'une conservatrice bon teint. Aucun rejet profond, une simple défiance entretenue par les médias, pourvoyeurs réguliers de catastrophes. Double choc culturel, donc : Élisabeth et Ousmane contre le monstre urbain, mais aussi Afrique profonde contre Angleterre profonde. Tout l'objectif du film sera bien entendu de nous démontrer que ces différences ne sont pas irréconciliables, les deux protagonistes ayant les mêmes préoccupations (la quête de l'enfant) et le même rapport à la nature dans des registres différents : Ousmane soigne les arbres, Élisabeth travaille la terre.

Pourtant, si London River laisse le spectateur sur sa faim, c'est que, à l'instar de ses personnages principaux, il tourne rapidement en rond. La faute à un scénario scolaire qui multiplie les fausses pistes pesantes en guise de rebondissements. Elles s'enchainent suivant une mécanique ronronnante, comme si un scénariste de thriller hollywoodien s'était infiltré dans un film de Ken Loach. Au fil des errements d'Élisabeth, London River décline son sujet sans aucune surprise, noyant le tout dans une mare de bons sentiments des plus attendus. Bien sûr, Élisabeth et Ousmane vont se rapprocher... Bien sûr, les différences sont une richesse, les points communs une évidence... Bien sûr, personne dans le monde ne marche du même pas, et même si la terre est ronde on ne se ressemble pas ; il faut de tout pour faire un monde, c'est vrai ! (Évangile selon Saint Arnold et Willy 1:1).

Bref beaucoup d'évidences présentées platement, qui poussent le spectateur au bâillement. La musique, un tantinet sirupeuse, et qui revient à la charge comme le 20e de cavalerie à chaque moment clé, n'arrange rien. Gentillet et conventionnel, London River finit par ressembler à un honnête téléfilm, sans plus. Si le film de Bouchareb vaut pour ses interprètes de qualité, il peine à convaincre, asphyxié par ses bonnes intentions, très honorables, mais aussi ennuyeuses qu'un court de catéchisme.

 Écrite par Geoffray Match (Modérateur et Journaliste officiel du site)
   



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